Conseils fiscaux

À 60 ans, comment planifie-t-on sa retraite à 65 ans?

Atteindre 60 ans est un jalon important : il reste encore cinq années de travail avant l’âge traditionnel de la retraite à 65 ans. Cette période est stratégique : chaque décision prise maintenant aura un impact direct sur le revenu et la qualité de vie à la retraite.

Dans ce contexte, imaginons une personne ayant travaillé de façon continue comme salariée depuis l’âge de 25 ans. Elle touche actuellement uniquement son revenu d’emploi et commencera à recevoir ses pensions publiques (Régime de rentes du Québec – RRQ et Pension de la Sécurité de la vieillesse – PSV) à 65 ans. Deux scénarios méritent d’être analysés :

  1. Sans régime de retraite (RPA) offert par l’employeur.

  2. Avec régime de retraite agréé (RPA) offert par l’employeur.

Nous verrons ensuite les grands dilemmes financiers de cette période : rembourser la maison ou investir, vendre pour louer, et les actions concrètes à entreprendre.

Scénario 1 : Sans régime de retraite

Une personne qui n’a pas de régime de retraite dépendra surtout :

  • de ses épargnes personnelles (REER, CELI, placements non enregistrés),

  • de ses pensions publiques (RRQ et PSV).

Exemple chiffré simplifié :

  • Revenu d’emploi net actuel : 65 000 $

  • Épargne accumulée à 60 ans : 120 000 $ dans un REER + 40 000 $ dans un CELI

  • Cotisation possible en 5 ans : 12 000 $/an au REER et 6 000 $/an au CELI

Si la personne épargne 18 000 $ par an pendant 5 ans, elle ajoutera environ 90 000 $ au REER et CELI, qui pourraient croître à environ 110 000 $ avec un rendement de 5 %.

À 65 ans, elle aurait donc :

  • 230 000 $ de REER,

  • 50 000 $ de CELI,

  • RRQ estimée : 14 000 $/an,

  • PSV : 8 500 $/an.

Cela donne un revenu brut d’environ 22 500 $/an garanti par les pensions publiques, auquel s’ajouteraient les retraits planifiés du REER/CELI (par exemple 10 000 à 15 000 $/an), pour atteindre un revenu net total proche de 35 000 $/an.

Scénario 2 : Avec régime de retraite agréé (RPA)

Le portrait change radicalement avec un RPA.

Exemple chiffré simplifié :

  • La personne a accumulé 30 années de service dans un régime à prestations déterminées.

  • Le régime verse 2 % du salaire moyen final par année de service.

  • Salaire moyen des 5 dernières années : 65 000 $.

Pension prévue à 65 ans :

  • 65 000 $ × 2 % × 30 ans = 39 000 $/an.

En ajoutant les pensions publiques :

  • RRQ : 14 000 $/an,

  • PSV : 8 500 $/an.

Total : 61 500 $/an de revenus bruts, beaucoup plus confortable.

Dans ce cas, le rôle des REER et CELI est davantage complémentaire (voyages, imprévus, héritage). L’accent sera mis sur la gestion fiscale des retraits et la planification successorale.

Faut-il rembourser sa résidence ou investir?

À 60 ans, plusieurs se demandent s’ils devraient liquider leur hypothèque.

  • Option remboursement :

    • Si le taux d’intérêt hypothécaire est de 5 %, rembourser l’hypothèque équivaut à obtenir un rendement net garanti de 5 %.

    • Cela procure aussi une tranquillité d’esprit : aucune dette à la retraite.

  • Option investissement :

    • Si vos placements rapportent en moyenne 6-7 % et que vous êtes discipliné, investir peut générer un rendement supérieur au coût d’emprunt.

    • Mais le risque de marché existe, ce qui peut déstabiliser en début de retraite.

Recommandation générale : si le solde est faible (ex. 50 000 $ ou moins), il peut être plus stratégique de conserver une partie des liquidités pour investir et garder de la flexibilité. Par contre, si l’hypothèque est importante (ex. 150 000 $), la réduire avant 65 ans diminue grandement le stress financier.

Faut-il vendre la maison et louer?

La résidence principale représente souvent le plus gros actif.

  • Vendre et louer :

    • Vous libérez du capital (ex. vendre une maison 450 000 $, rembourser l’hypothèque de 80 000 $, et investir le solde de 370 000 $).

    • Vous n’avez plus de frais d’entretien, mais devez assumer un loyer.

  • Conserver la maison :

    • Vous continuez de bâtir une valeur nette et gardez une stabilité.

    • Les frais d’entretien et taxes peuvent cependant être élevés.

Exemple :

  • Maison : 450 000 $

  • Taxes + entretien : 7 000 $/an

  • Loyer équivalent : 1 500 $/mois = 18 000 $/an

Dans ce cas, rester propriétaire coûte moins cher annuellement (7 000 $ contre 18 000 $). Mais si on veut simplifier sa vie, réduire l’entretien ou vivre dans une région plus abordable, la location peut être avantageuse.

Quelles actions concrètes mettre en place entre 60 et 65 ans?

  1. Faire un budget de retraite réaliste : estimer dépenses fixes (logement, alimentation, assurances) et variables (voyages, loisirs).

  2. Maximiser les cotisations REER et CELI : ces 5 années sont les dernières avec un revenu d’emploi, donc fiscalement avantageuses.

  3. Réduire ou éliminer les dettes : arriver à la retraite sans dettes majeures offre une sécurité.

  4. Simuler ses pensions (RRQ et PSV) : utiliser les estimations pour valider si un report de la RRQ à 70 ans serait avantageux.

  5. Prévoir une réserve de liquidités : garder 6 à 12 mois de dépenses en épargne facilement accessible.

  6. Mettre de l’ordre dans les assurances et la succession : assurance vie, testament, mandat de protection, désignation de bénéficiaires.

  7. Planifier la transition de mode de vie : tester dès maintenant un budget “retraite” pour voir si le niveau de vie est réaliste.

Conclusion

Entre 60 et 65 ans, la planification retraite doit être proactive et structurée.

  • Sans RPA, l’accent doit être mis sur l’épargne intensive et le contrôle des dettes.

  • Avec un RPA, la sécurité financière est meilleure, mais la gestion fiscale et successorale devient centrale.

  • Le dilemme maison vs. investissement ou location dépend du niveau d’endettement, des préférences de style de vie et des besoins de liquidité.

  • Enfin, les 5 dernières années de travail sont déterminantes pour sécuriser l’équilibre financier et psychologique de la retraite.

Note : Les informations présentées dans cet article sont de nature générale et ne remplacent pas les conseils adaptés à votre situation particulière. Nous vous recommandons de consulter un planificateur financier ou un conseiller qualifié afin d’obtenir un accompagnement personnalisé en fonction de vos besoins et objectifs.

Retour aux conseils

Sous toute réserve.